BOLTANSKI, Réserve 1990 et sa fiche de révision




Christian Boltanski est un plasticien français né en 1944 à Paris. Photographe, sculpteur et cinéaste, connu avant tout pour ses installations, il se définit lui-même comme peintre, bien qu'il ait depuis longtemps abandonné ce support. Né d'un père juif d'origine russe, Christian Boltanski est resté marqué par le souvenir de l'Holocauste. Il commence à peindre à l'âge de 13 ans. A  ses débuts, la plupart des tableaux qu’il réalise sont de grands formats représentant des personnages dans des circonstances macabres (par ex. dans des cercueils) ou dans des scènes historiques. Boltanski s'éloigne de la peinture à partir de 1967 et expérimente l'écriture, par des lettres ou des dossiers qu'il envoie à des personnalités artistiques. Il intègre à son œuvre des éléments issus de son univers personnel, et sa propre biographie, réelle ou imaginaire, devient le thème principal de son œuvre.

Boltanski questionne la frontière entre absence et présence. L’absence est un sujet récurrent dans son travail : la vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui font revivre les absents. Il a mis ainsi en perspective les souffrances endurées par les juifs dans certaines de ses vidéos qui expriment, sans aucun mot, l’horreur de la guerre.



Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers différentes matières mais aussi à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise :photos, cinéma, vidéo. Les thèmes omniprésents dans son œuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort.






Une des particularités de l'artiste est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu'il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie et se l'approprie. Tous les objets de ses dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs, du souvenir d'enfance au souvenir du défunts. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à ce que Boltanski appelle la « petite-mémoire», c'est-à-dire à la mémoire affective des choses ordinaires. Pour lui, "lorsqu’une personne meurt, c’est ce qui disparaît en premier. Pourtant ce sont des choses qui rendent les gens différents les uns des autres". Il cherche donc à conserver cette petite mémoire. Cette petite mémoire, qui forme notre singularité, est extrêmement fragile et elle disparaît avec la mort.


En 1972, Boltanski intitule une section de son exposition « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l'autobiographie. Il dresse un inventaire à la fois réel et fictif de sa propre enfance, compilant photographies et souvenirs, objets prétendument retrouvés, dans des œuvres teintées de nostalgie mais aussi d’humour et de légèreté. Il y raconte sa vie sous la forme d'une fiction dans laquelle chacun se reconnaît. Comme il le dit lui-même : « Les bons artistes n'ont plus de vie, leur seule vie consiste à raconter ce qui semble à chacun sa propre histoire ».






Christian Boltanski est membre du Narrative Art. Ce mouvement revendique l'utilisation de la photographie ainsi que celle d'un texte. Ces deux utilisations sont bien séparées dans l'œuvre ; leur lien doit se faire par une relation mentale.



Réserve, 1990 :

Réserve est une installation présentée dans une pièce blanche. Les murs de cette pièce sont recouverts de vieux vêtements, qui semblent répartis en plusieurs étages. Ces vêtements sont éclairés par des luminaires fixés au sommet des étagères. Cette Réserve fut présentée au centre Georges Pompidou à Paris, lors d'une exposition en 1990.



A la vue de Réserve, le regard est immédiatement captivé par les vêtements. Il y en a une grande quantité et l'effet de masse est accentué par leur superposition. Il n'y a pas de vide : les vêtements deviennent en quelque sorte les nouveaux murs de la salle. Cela évoque l'atmosphère calfeutrée de Plight de Joseph Beuys (1985) ici à droite. L'impression d'étouffement que peut ressentir le spectateur vient à la fois de l'amoncellement de vêtements multicolores et de l'odeur qu'ils dégagent . Les lampes de bureau disposées au-dessus des vêtements éclairent peu la piève et participent ainsi à l'impression de confinement. Réserve sécrète une sorte de nostalgie morbide. Boltanski est fidèle à ses principes, il s'intéresse à la "petite mémoire". Pour traiter le sujet dramatique, qui est le destin fatal des victimes de la Seconde Guerre Mondiale, il utilise des vêtements, des objets tout à fait ordinaires pour exprimer l'absence après la mort.


Plutôt que de jouer sur la grandiloquence pour évoquer les victimes de la 2nde guerre mondiale (voir le Mémorial des Juifs Assassinés à Berlin par Peter Heisenman ici à gauche), Boltanski touche le spectateur en se rapprochant de lui, en lui montrant des éléments "quotidiens". l'artiste s'attarde à la symbolique de chaque élément. Les lampes ressemblent à des bougies, et insufflent l'idée de la religion : Boltanski donne ainsi un caractère sacré à Réserve. La vieillesse des vêtements pose inévitablement la question : à qui ont-ils appartenu ? L'odeur de ces vieux tissus intrigue également. Tous ces éléments amène le spectateur à la compréhension, à la sensation, de Réserve.




Comme souvent chez Boltanski, la dualité entre absence et présence est au centre de l'œuvre. Une œuvre antérieure, intitulée Réserve Canada (1988) (image sur la droite) offre une réponse plus explicite à ces questionnements : la pièce de Réserve Canada était une référence directe aux entrepôts que les Nazis utilisaient pour stocker les possessions des personnes déportées. Réserve y fait aussi allusion et on en revient à l'autre obsession de Boltanski, celle des massacres perpétrés par les Nazis durant la Seconde Guerre Mondiale, et plus particulièrement les persécutions contre les Juifs que Boltanski, alors enfant avec sa famille, ont subies.




L'usage du vêtement chez Boltanski est donc d'emblée lié au thème de la mort, comme c'était déjà le cas pour la photographie. Pour lui, « La photographie de quelqu'un, un vêtement ou un corps mort sont presque équivalents : il y avait quelqu'un, il y a eu quelqu'un, mais maintenant c'est parti ». Le vêtement est lui aussi une trace ou une empreinte qui témoigne d'une vie passée. C'est à ce titre que les vêtements sont présents dans la série des Réserves réalisées à la suite de Réserve, Canada. Chacune est une variation d'installation sur le thème de la disparition et du souvenir. Dans Réserve : la Fête de Pourim, 1989, ou dans Réserve Lac des morts, 1990 (image ici à gauche), les vêtements sont laissés au sol ; dans Réserve du Musée des enfants, 1989, ils sont empilés en rang.


Avec la Réserve de 1990, nous avons vu que Boltanski tapisse les murs d’une salle entière de vêtements usagers, voire poussiéreux, qui répandent une odeur de grenier. Le corps y est un élément capital. L'installation évoque non seulement les corps qui ont porté les vêtements, mais elle stimule par ailleurs le corps du spectateur qui est immergé dans une salle silencieuse, étrange à cause de son odeur entêtante et de ses vêtements surannés fixés aux murs. Réserve est une installation qui fait plus que s'adapter à la salle d'exposition, elle la transforme en une sorte de friperie mélancolique dans laquelle tous les sens sont sollicités. Comme les autres œuvres de la série, la Réserve de 1990 crée un environnement incitant à une méditation mélancolique sur le corps comme enveloppe vulnérable, sur la vanité et sur la mort, qui sont les sujets de prédilection de Boltanski durant les années quatre-vingt-dix.

Réserve se démarque des œuvres picturales de Christian Boltanski, comme ses Saynètes comiques, par l'absence totale d'un ton humoristique. En revanche Réserve est assez proche des autres installations de Boltanski, aussi bien sur le plan esthétique, avec des accumulations d'objets et la présence d'objets récurrents (comme les lampes de bureau), que sur le plan thématique, avec l'obsession de la mort et les références plus ou moins voilées à l'holocauste.







« L’art est une tentative d’empêcher la fuite du temps »



L’art de Christian Boltanski se dresse comme un rempart contre l’oubli et la mort. Dans les séries qui se succèdent (Reliquaires, Réserves, Véroniques, Vêtements, etc) «Nommer tous les hommes » est le projet souterrain de toute son œuvre des dix dernières années, qui se concentre sur la distinction de l’être singulier au cœur de la masse.





Depuis 2008, Christian Boltanski projette de constituer les "Archives du coeur"de tous les hommes, archives sonores qui seront conservées sur l'île de Teshima dans la mer du Japon.

Christian Boltanski est l’un de ces artistes dont la vie et l’œuvre se nourrissent réciproquement. Dans ses œuvres, mémoire personnelle et mémoire collective se rejoignent et s’unissent dans un effort incessant pour affronter et surmonter l’oubli et la mort. C'est aussi un artiste qui souhaite que son œuvre n'existe que par le vécu du spectateur. C'est pour cette raison qu'il essaye de réveiller tous ses sens (visuel, auditif, olfactif). Le spectateur doit être actif et c'est à lui de reconstituer l'histoire de l'œuvre qui devient un peu la sienne.




«Questionnements existentiels»
Monumenta, 2010.
Entretien réalisé par Magali Jauffret


Vous souhaitiez qu'il fasse froid dans le Grand Palais, vous y avez créé une ambiance oppressante, bruyante, inconfortable. Pourquoi conditionner ainsi le spectateur ?

Christian Boltanski > Parce que l'art est une chose sérieuse, qui n'a rien de joyeux. Parce que l'art a perdu sa véritable fonction au profit d'un courant bling-bling qui le transforme en marchandise et qui m'amène à réagir. On n'est pas là pour s'amuser, mais pour poser un questionnement existentiel !

La grande nef vous a confronté à quelles contraintes ?


Christian Boltanski > C'est comme si la musique était déjà écrite par le lieu. J'ai donc écrit un livret d'opéra, réalisé une sorte de collage pour cet endroit étrange, baroque. J'espère donner à voir du ressenti à un grand public physiquement plongé dans l'œuvre, non pas placé face à elle.

Vous montrez en même temps une autre œuvre au Mac/Val, le musée d'art contemporain du Val-de-Marne. C'est voulu ?


Christian Boltanski > Absolument ! Je voulais être à la fois au centre de Paris et en banlieue. J'aime beaucoup le MAC/VAL et son équipe extraordinaire. Ce musée est une rareté. Il n'est pas assez connu.

Les deux expositions sont complémentaires ?


Christian Boltanski > Oui. Elles dessinent les deux cercles de l'Enfer de Dante. Au Grand Palais « Personnes », de ce mot qui évoque à la fois la présence et l'absence, est le lieu du trouble apocalyptique. C'est le chemin de Dieu et la mise à mort. « Après », à Vitry, est plus joyeux. On déambule dans un lieu de passage après la mort. Je suis un bon vivant. Je déteste la mort. Mais je ne comprends pas qu'aujourd'hui, on refuse l'idée de vieillir, de mourir, alors même que cela fait partie de la vie. Avant, les enterrements, les veillées funébres étaient l'occasion de rencontres. Aujourd'hui, on n'ose même plus arborer un signe de deuil. On éloigne toujours plus la mort.

Comment en êtes-vous arrivé là, comment a évolué votre œuvre ?


Christian Boltanski > Mes temps de création ont toujours été liés à des moments physiques. Quand je suis passé à l'âge adulte, j'ai constaté qu'un monde était terminé, que je portais en moi un enfant mort, j'ai tenté de reconstituer ce temps perdu. Au décès de mes parents, mon œuvre est devenue plus visuelle, plus monumentale, la Shoah est apparue. Aujourd'hui, c'est ma propre mort qui m'interroge, mon travail est plus impalpable et je ne fabrique plus d'objets pour les collectionneurs.

Le fait d'être le fils d'un juif survivant joue-t-il un rôle important dans votre œuvre ?


Christian Boltanski > Oui ! Mon œuvre traite du hasard. Ceux qui ont survécu se sont demandé toute leur vie : pourquoi suis-je en vie, et pas eux ? Mon père m'a sans doute transmis cette culpabilité.

Vous avez passé votre vie à créer l'illusion que vous pouviez stopper la mort. Ce n'est pas épuisant de mener un combat perdu d'avance ?


Christian Boltanski > L'art n'est que ratage. Je pense toujours à Giacometti qui, chaque jour, recommençait les portraits de sa femme, de son frère. On ne peut rien garder. Être humain, c'est s'agiter, créer, lutter contre le destin. Et à la fin, le destin gagne.

Vous vous mesurez à Dieu et jamais on ne vous trouve mégalomaniaque…


Christian Boltanski > C'est parce que je me pose des questions humaines, parce que je ne détiens pas les réponses. J'ai horreur des réponses. Ils sont dangereux, ceux qui ont les réponses. La vraie force, c'est la faiblesse !

Il y a des œuvres auxquelles vous avez dû renoncer…


Christian Boltanski > Oui, par exemple nommer les noms de tous les gens de la terre aurait pris sept ans, jour et nuit. J'ai donc continué à raconter, avec des images, des lumières, des sons et des sensations, des petites histoires qui ont valeur de paraboles. Je ne fais que faire affleurer à la conscience du spectateur les réponses qu'il connaît déjà.

Vous dites que vous luttez aussi contre le post-humanisme de notre époque…


Christian Boltanski > Oui, je tente de redonner à chacun sa part d'humanité. La grande question, c'est l'unicité, la disparition et l'oubli de chacun au bout de trois générations. Parfois même bien avant.

L'art est-il réparateur d'injustice ? Comment faire pour que les battements de cœur que vous archivez ne soient pas seulement ceux des gens qui visitent vos expositions ?


Christian Boltanski > Je suis un artiste. Je ne suis ni sociologue ni assistante sociale. Encore moins Mère Teresa ! Je ne souhaite pas recueillir les battements de cœur de tout le monde. Je travaille dans l'exemplarité. Il faut l'accepter.

Depuis quelque temps, vous n'êtes plus seulement dans la narration et les œuvres aussi éphémères que celle-ci, qui sera détruite et recyclée à la fin, mais dans le mythe, la légende et les œuvres pérennes que vous nommez « mes tombes »…


Christian Boltanski > Oui. J'ai, par exemple, vendu ma vie en viager, devant notaire, à un collectionneur de Tasmanie qui a la réputation de ne jamais perdre. Des caméras filment mon atelier en direct et en continu. Il n'en possédera les DVD qu'à ma mort. En échange, il me règle chaque mois une somme d'argent… jusqu'à mon décès qu'il estime pouvoir intervenir dans huit ans. Si je meurs avant, il gagne. Si je meurs après, il perd. C'est ce que j'appelle «ma part du diable ». Pourquoi me suis-je lancé dans cette aventure ? Parce que vendre aujourd'hui sa vie en viager paraît honteux, relève du tabou. Et moi, je prétends qu'il n'y a pas de quoi hurler, que ce sont des choses possibles. Chez moi, le savoir compte plus que l'objet. Je joue mes œuvres.

Qu'est-ce qui fait que, malgré tout, on ne sent jamais d'impudeur chez vous ?


Christian Boltanski > C'est parce que je ne parle pas de ma vie réelle.

Que vous a apporté l'art ?


Christian Boltanski > On devient son art. À la fin de leur vie, Giacometti et Bacon ressemblaient à leurs œuvres. Moi, je ressemble à mes boîtes de biscuits. L'art a été pour moi une lente psychanalyse sauvage. J'ai eu une chance énorme. Si je n'étais pas devenu artiste, j'aurais fini dans un asile. Regardez Louise Bourgeois, elle n'a pas réglé ses problèmes avec son père, mais l'art, en lui permettant de les évoquer, l'a aidée à vivre !

Vous avez été désigné pour représenter la France à la Biennale de Venise, en 2011. Quel effet cela vous fait ?


Christian Boltanski > Je représente l'art, l'universalité. Je me sens européen, pas le porte-drapeau d'un pays, fût-il le mien.

Vous êtes l'un des artistes français qui exposent le plus à l'étranger. Qu'avez-vous pensé, voilà quelques années, lorsque le New York Times a parlé de déclin de la culture française ?


Christian Boltanski > J'ai trouvé cela stupide. La France n'est pas un pays gigantesque. Sans doute existe-t-il deux ou trois artistes par génération en France, et dans d'autres pays d'Europe, qui s'exportent, sont regardés. C'est déjà énorme, non ?

Vous dites travailler sans assistant, loin des puissances d'argent. On peut faire Monumenta et rester un artisan ?


Christian Boltanski > Je le crois. Il est très important pour moi de travailler seul. Je ne veux pas d'assistant. Cela me nuirait. Les assistants tuent les artistes. Je ne suis pas directeur d'usine. J'ai malheureusement vu le passage de l'intelligence à l'argent. Avant, c'étaient les critiques, les commissaires d'exposition qui faisaient les artistes. Maintenant, ce sont les maisons de vente aux enchères. Je ne suis pas dans ce jeu-là. Je souhaite rester un artisan.


Liens vidéo :
liens écrits :

au sujet du thème de l'accumulation dans l'art :

en anglais :
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FICHE DE REVISION



Ce qu'il faut retenir...


Boltanski né en 1944

Né à Paris, fils d'une famille juive, marqué par le souvenir de l'Holocauste.

Ses œuvres sont d'abord picturales, écrites puis elles utilisent la vidéo et la photo dans des installations, ainsi que divers matériaux et objets qui ont déjà servi (bougie, vêtements, boites...) Boltanski fait partie du courant NARRATIVE ART, mouvement qui utilise la photo et les textes comme base de travail.

Ses œuvres ont pour thème l'absence, la mémoire, l'enfance et la mort.

Mémoire& Mort
Tous les objets qu'ils utilisent dans ses œuvres sont porteurs de mémoire. Les objets caractérisent une personne : ils sont ce qui a rendu quelqu'un différent de quelqu'un d'autre. Ils sont "la petite mémoire " de la personne morte et exercent ainsi un pouvoir émotionnel sur le spectateur.


Réserve, 1990
Il s'agit ici d'une installation.

Pièce confinée, vêtements accumulés recouvrent tous les murs et dégagent une odeur de poussière, lumière chaude et tamisée (lampe de bureau). Beaucoup de sens sont sollicités : vue, odeur, bruit (ou absence de bruit).



Spectateur actif :
Le spectateur-visiteur se retrouve non pas devant mais dans l'œuvre. Il est actif, ses sens sont en éveil ainsi que son psychisme. Sa mémoire et son vécu vont venir se mélanger à la "petite mémoire" des objets installés. L'œuvre de Boltanski devient un peu la sienne car c'est le spectateur qui doit reconstituer l'histoire proposée par l'artiste.



Thème conflit Histoire/Mémoire :

Mémoire de l'Holocauste:

Cette installation fait allusion aux entrepôts nazis où étaient accumulés les affaires des personnes déportées dans des camps d'extermination.

Thème de la mort donc de l'absence et donc du souvenir: "il y avait quelqu'un dans ce vêtement, mais maintenant c'est parti". Le vêtement est ici une trace, une empreinte d'une vie passée. Tout comme "une vanité" (nature-morte mettant en évidence la précarité de la vie à l'aide d'objets-symboles tels que un crâne humain, une bougie se consumant, un sablier, une fleur se fanant...etc) , son installation interroge sur l'aspect éphémère de la vie.

Son œuvre est une commémoration de la déportation des juifs durant la guerre. Elle témoigne de ce qui s'est passé et rend hommage aux disparus dans le but que l'on se souvienne.


Le rôle de l'accumulation ici est très différentes de celle d'Arman. Il n'est pas question ici de dénoncer la société de consommation. L'accumulation provoque l'impression d'étouffement chez le spectateur qui se sent submergé par cette masse qui absorbe la lumière et qui dégage une odeur.







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